Gastronomies africaines

O’Haïra, quand les couverts en feuilles d’un restaurant rassemblent les Camerounais

Lors de ses débuts dans une cantine scolaire, Zoul Hairatou Ahmad était loin de s’imaginer à la tête de l’un des restaurants les plus réputés de Yaoundé, au Cameroun. En 2 ans, O’Haïra est devenu le lieu d’une clientèle variée parmi les influenceurs, les personnes ordinaires, les politiciens…

Situé à Yaoundé, capitale du Cameroun, O’Haïra Walet est un restaurant et service traiteur qui brise les codes de la restauration en apportant un concept original, le service de plats traditionnels et modernes sur des feuilles de bananier et de jonc.

Au total, une cinquantaine de plats camerounais et africains sont servis sur ces feuilles disposées dans des paniers, calebasses, plats et bols en bois. Parmi ses mets, le kelekelen (sauce gluante), le zom (légumes sautés), le ndomba silure (poisson d’eau douce cuit dans des feuilles), le ndolé et des plats d’autres pays africains comme le riz sénégalais ou l’attiéké.

 

Zoul Hairatou Ahmad, 42 ans, est la fondatrice de O’Haïra Walet. Sur Le Monde, elle confie que sa passion pour la restauration est née de ses nombreux moments passés aux côtés de sa mère à la cuisine. Ses débuts dans le milieu gastronomique commencent dans une cantine scolaire au lycée Leclerc de Yaoundé. En 2014, elle réussit à ouvrir un restaurant sénégalais avec ses économies. Ce n’est qu’en 2018 qu’elle réalise son rêve d’un concept où elle servirait ses clients sur des feuilles. Avec un prêt de 600 000 francs CFA (915 euros), elle réussit à concrétiser son idée.

La cuisine camerounaise est très variée, en raison de la diversité des groupes ethniques du pays, l’histoire et le  climat contrasté qui donne accès à des produits végétaux et animaux différents selon ses régions. Il existe de nombreux plats régionaux qui se sont développés au point d’être reconnus aux niveaux national et international comme le poulet DG ou le ndolé. Beaucoup de plats régionaux, à l’origine, se sont également multipliés, à travers le pays, avec quelques variations d’une région à une autre.

En plus de valoriser la richesse culinaire camerounaise et africaine, O’Haïra contribue également à l’amélioration des conditions de vie des agriculteurs locaux. Le restaurant se ravitaille directement chez les agriculteurs, ce qui permet aussi de réduire ses investissements. Sa stratégie commerciale, axée sur l’accessibilité de son produit, attire des clients qui parcourent parfois de longues distances pour venir y manger, fêter un anniversaire ou un mariage.

Les débuts de Zoul Hairatou Ahmad ont été difficiles. Ses premiers plats sénégalais ne séduisaient pas. Pour surmonter les obstacles, elle a pensé à revisiter les recettes et à enrichir le menu de plats camerounais et africains. Avec l’aide de son conjoint Oumarou Aladji, un ex-footballeur diplômé en gastronomie française et vivant en France, le business a véritablement décollé. Malgré le succès rapide, ils décident de ne pas augmenter les prix des plats, attirant de plus en plus une clientèle issue de différentes couches sociales.

Ouvert en 2018, cet espace est devenu l’un des plus courus du Cameroun. Stars de la musique et du football, députés, influenceurs, expatriés et anonymes s’y rendent. L’originalité de O’Haïra lui a permis de participer à des événements de grande envergure dans le pays et le restaurant constitue désormais un objet de curiosité pour les touristes. A présent, le couple ambitionne d’ouvrir un centre de formation afin de transmettre son savoir-faire.

 

SOURCE : agenceecofin.com – Publié le 17 septembre 2021 par Aïsha Moyouzame

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