Arts & Cultures d’Afrique

Tout savoir (ou presque) sur les artistes africains

Vous avez toujours voulu tout savoir sur les artistes du continent africain et de sa diaspora sans avoir osé le demander : la saison qui s’achève, dite Africa 2020, ne s’achève pas. Ne s’achèvera pas. Elle a contribué à ouvrir plus encore les espaces aux artistes, à vaincre le syndrome de l’invisibilité, et à amorcer le chemin d’une Afrique qui ne soit plus exceptionnelle, mais tout simplement dans le monde. Du côté de la création, diverses manifestations parisiennes nous en mettent « plein les yeux », mais, au-delà, l’art moderne et contemporain africain commence à être documenté, un triptyque de parutions en témoigne.

Dès ce week-end à Paris, tandis qu’Omar Victor Diop expose sa nouvelle série à Paris Photo, où l’on retrouve aussi Joana Choumali, le grand Samuel Fosso s’installe durablement pour sa première rétrospective à la Maison européenne de la photographie.

Les plasticiens sont réunis à la foire AKAA (sixième du nom), où l’on ira jusqu’au dimanche 14 inclus découvrir des œuvres venues du Mozambique et de l’Angola, dont le talentueux Mario Macilau de Maputo, ou le maître Ernesto Shikhani, particulièrement remarquables. Mais d’ailleurs aussi, telles celles d’Angèle Etoudi Essamba dans les coulisses de la féminité, celles pleines de grâce de Saïdou Dicko, les bleus d’Hervé Yanguem et les fonds noirs de Gopal Dagnogo, les portraits de Dagmar Van Weeghel, et les silhouettes audacieuses de Kader Diaby, les papiers déchirés comme l’histoire de son pays du Zimbabwéen Evans Tinashe Mutenga. Un livre, une première, explore les talents réunis sur le thème A rebrousse-temps (titre d’un recueil du poète sénégalais Birago Diop).

En effet, en complément de ces manifestations, des publications permettent d’aller plus loin dans la connaissance de ces artistes et de l’histoire de l’art de leurs pays. Il ne faut surtout pas manquer d’aller découvrir les œuvres que Piasa met en vente le 24 novembre, sur le thème « Afrique, Art moderne et contemporain », et dès avant consulter sur site ou prendre en main (tellement mieux) ce catalogue de toute beauté qui peut servir d’entrée en matière. Des moderne Serge Helenon et plus contemporain Bili Bidjocka au Malien Amadou Sanogo. La collection de la galeriste et artiste Maine Durieu, nièce de la sculptrice Germaine Richier, installée en Côte d’Ivoire, sera dispersée. Et c’est merveille que cet ensemble où, au-delà d’une école de Dakar déjà bien connue, voici les travaux du mouvement Négro-Caraïbes, mais aussi ceux d’Ernestine Meledge, dite Tina, du mouvement Vohou-Vohou. Sans oublier, d’une autre provenance, les toiles du Congolais Albert Lubaki. Cette partie historique est complétée par les œuvres de Mwangi Hutter, d’Abdoulaye Konaté ou d’un Mario Benjamin sélectionnés dans une présentation de trois générations d’artistes haïtiens.

Les modernes sont aussi associés aux contemporains au sommaire du livre Artistes africains de 1882 à nos jours, sous une couverture magnifique créée par Gabrielle Guy, inspirée de la peintre ndébélé Esther Mahlangu (née en 1935) travaillant les tissus du Mozambique. L’intérieur du livre est plus sage, une œuvre par page éclairée par les contributions de spécialistes africains de tout le continent, introduit par Chika Okeke-Agulu, professeur d’art africain et d’art de la diaspora africaine à l’université de Princeton. L’année 1882 choisie pour commencer ce parcours est celle de la naissance de l’artiste le plus âgé, le peintre nigérian Aina Onabolu.

Enfin, dans Oh ! AfricacArt, titre hérité de la série télévisée créée par Sonia Perrin et Tim Newman qu’elle a présentée, Élizabeth Tchoungui signe un ouvrage de vulgarisation sur les œuvres de 52 artistes du XXIe siècle contextualisées et fort bien mises en valeur.

SOURCE : lepoint.fr – Publié le 13 novembre 2021 par Valérie Marin La Meslée

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